Le vers français
A. Définition * Le vers est un " Segment d'énoncé constituant une unité d'ordre rythmique et phonique fondée sur des règles retenant soit la quantité, l'accentuation ; soit le nombre des syllabes; et marqué par une légère pause à la lecture et, dans le texte, par une disposition unilinéaire.
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Ensemble de mots qui forment l'une des unités du poème en accord avec les règles de la versification. B . Le vers français est syllabique *
Le rythme du vers français est déterminé par le nombre de ses syllabes. Il est en outre défini par la rime et dans certains cas par la césure .
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La syllabe ( unité phonétique fondamentale) est l'unité prosodique du vers français. C' est le
son produit par une seule émission de voix. Ce son peut-être représenté soit par une voyelle seule, soit par plusieurs voyelles, soit par un groupe de voyelles et de consonnes.
* Nb : En français ,on ne doit pas parler du nombre de
pieds mais de syllabes d'un vers.// Le pied , dans certaines langues, est une unité rythmique constituée par un groupement de syllabes d'une valeur déterminée (quantité, accentuation).
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C . Syllabique, métrique , rythmique * La versification française est syllabique, c'est-à-dire qu'elle est fondée sur le nombre des syllabes ; elle diffère donc de la versification métrique, qui repose sur la quantité des syllabes longues et brèves (vers grecs et latins), et de la versification rythmique, qui dépend de la place des syllabes accentuées ou atones (vers anglais ou allemands).
+ - Du XVIIè siècle jusqu'à la fin du XIXè, le nombre de syllabes du ver est le plus souvent un nombre pair : 2 – 4 – 6 – 8 – 1 0 -12
- Les vers impairs de 3 – 5 - 7 syllabes, et même d'une (1) syllabe, ont cependant été parfois utilisés à toutes les époques littéraires.
- Les vers impairs de 9 – 11 - 13 syllabes ont eu leur place dans la poésie à la fin du XIXè siècle
D- Appellations des vers selon le nombre de syllabes a) le monosyllabe = 1
b) le disyllabe = 2
c) le trisyllabe = 3
d) le tétrasyllabe = 4
e) le vers de cinq syllabes = 5 ( pentasyllabe)
f) le vers de six syllabes = 6 ( hexasyllabe )
g) l'heptasyllabe = 7
h) l'octosyllabe = 8
i) l'ennéasyllabe = 9
j) le décasyllabe = 10
k) l'endécasyllabe = 11
1) le dodécasyllabe ou alexandrin =12
* Certains poètes, Aragon à titre d'exemple, ont écrit des vers de plus de 12 syllabes.
E – Comptons les syllabes * Toute syllabe, muette ou sonore, entre dans la mesure du vers français, excepté l'«e» final devant un mot qui commence par une voyelle ou une «h» muette;ou à la fin du vers.
1 .
Tout enfant, tu dormais près de moi, rose et fraîche . ( V.Hugo )
* Tout - en –fant- tu dor-mais // près- de –moi - ro- se et- fraîche = 12
* rose et = 2 , élision ... ro – (se et = zé )
* fraîche =1 , e muet en fin de vers ne compte pas .... ( fraîch )
2 .
C'est le grand jour tremblant de midi . ( P. Verlaine )
* C'est- le –grand- jour / trem-blant –de- mi-di = 9
3 .
Comme un beau cadre ajoute à la peinture ( C.Baudelaire )
* Com - me un – beau – ca- dre a – jou - te à - la – pein –ture = 10
* 3 élisions : ( me un = mun ) , ( dre a = dra ) , ( te à = tà ); ( La voyelle qui suit un e muet prend sa place en diction .
* e muet en fin de vers ( peinture =2 syllabes : pein-ture ;et non 3 :pein –tu –re )
4 .
Je renais pour aimer encore ! ( Lamartine )
* Je - re - nais – pour - ai – mer – en - core = 8
+ Le mot ( encore ) suivi d'une consonne ou h aspiré , à l'intérieur du vers , compte 3 syllabes ( en - co – re ).Si ce nombre ( 3 )fausse le mètre choisi , il est permis d'écrire ( encor) qui donne seulement 2 syllabes ( en – cor ) .
+ Le mot ( encore ) à la fin du vers est une rime féminine .Pour le faire rimer avec une rime masculine , on l'écrit ( encor ).
F – Diérèse et synérèse 1 * La
diérèse est la prononciation en deux syllabes distinctes de deux voyelles successives d'un même mot. (Dans certains mots , elle est indiquée par un tréma , ex. : maïs , laïc , argüer ...)
* le mot " nation" fait en prose deux syllabes ( na –tion ), et en poésie trois : (na – ti - on.)
*Autre définition: La diérèse est un effet de prononciation spécifique au langage poétique qui consiste à dissocier deux voyelles à l'intérieur d'une même syllabe.
+ exemple
-
Va te purifier dans l'air supérieur. (alexandrin de C.Baudelaire )
- Va- te - pu - ri – fi – er // dans –l'air - su – pé – ri – eur
- 1 1 4 // 1 1 4
2 * La
synérèse est la fusion en une diphtongue de deux voyelles contiguës.
* Autre définition :Une synérèse consiste, en poésie, à grouper en une même syllabe deux voyelles contigües qui, dans la prononciation courante, compte pour deux syllabes.
+ exemple :
-
Regrettant mon amour et votre fier dédain. ( alexandrin de P.de Ronsard)
- ( fier )compte pour 1 syllabe et non 2 ( fi – er )
Remarque : Faire la différence entre diérèse et synérèse s'avère parfois difficile ;aussi seule l'autorité du poète ,se référant à l'usage courant ,peut trancher .Le mot " violon " p.ex . peut donner 3 syllabes ( vi-o-lon )= diérèse , ou seulement 2 (vio-lon ) = synérèse . Au poète de déterminer !
G – L' hiatus * C'est la rencontre de deux voyelles appartenant à des syllabes différentes , à l'intérieur d'un mot (hiatus interne) ou dans la succession de deux mots (hiatus transitoire )
* Le petit traité de versification française donne comme exemple : ( il pens
a à aller). La prose le supporte, pourvu qu'il ne soit pas trop dur; Mais depuis Malherbe, et sauf quelques rares exceptions,( la poésie française ) ne tolère pas l'hiatus à l'intérieur du vers.
Puis , après les quelques exceptions admises: h aspirée après une voyelle , interjections répétées , locutions toutes faites comme «peu à peu», «çà et là», «un à un», «sang et eau», «à tort et à travers», «va-et-vient», «il y a», etc., on peut lire :
* C'est affaire au goût du poète d'éviter tout hiatus pénible, et il convient de ne pas se montrer trop sévère sur ce point ...
* il n'y a pas d'hiatus lorsque les deux voyelles sont séparées par un
e caduc. - L'épé
e au flanc, l'oeil clos, la main encore émue. (Hugo)
- Une coupable joi
e et des fêtes étranges. (Baudelaire)
H– La césure * Dans les vers longs (surtout ceux de plus de huit syllabes), il existe une syllabe qui est traitée comme la syllabe finale du point de vue du rythme : cette syllabe, qui marque une coupure dans le vers, est la césure.
Elle est , en général , accentuée et divise le vers qu'on appelle" vers composé "en deux hémistiches, d'où deux séquences rythmiques...
1- Dans l'
alexandrin, la césure
// se situe après la sixième syllabe :
- L'écaille de la mer
// la plume du nuage = 6+6
- Car l'océan est hydre
// et le nuage oiseau (V.Hugo).= 6+6
2 - Dans le
décasyllabe, elle se trouve après la quatrième syllabe (beaucoup plus souvent qu'après la sixième) :
- Je meurs, aimant Philis
// plus que moi-même = 6+4
- Et pour guérir
// l'écho me répond : aime ! (J.-F. Sarasin). = 4+6
- On trouve parfois la césure du décasyllabe après la cinquième syllabe (à partir du XVe siècle seulement) :
J'ai dit à mon cœur
// à mon faible cœur : = 5+5
- N'est-ce point assez
// de tant de tristesse? (Musset). = 5+5
- Dans ce dernier cas, l'égalité des hémistiches donne un caractère particulièrement équilibré et stable au décasyllabe.
- Pour rendre compte de ces rythmes, on a utilisé plusieurs systèmes descriptifs correspondant à plusieurs systèmes de notation. On utilise traditionnellement des barres obliques pour symboliser la pause comme marque rythmique.
- Tu mar
/ ches sur des morts,
//Beauté
/dont tu te moques (Baudelaire).=2/4 // 2/4
3 - Pour un vers de
11 syllabes, la césure se place , habituellement , après la cinquième syllabe :
- Les sylves légers
// s'en vont dans la nuit brune. (Banville) = 5+6
I– Les coupes - Dans l'alexandrin,on doit, en principe, observer un repos au milieu du vers, c'est-à-dire entre la 6ème ( accentuée ) et la 7ème syllabe.Ce qui risque d'établir une certaine monotonie dans le poème .
- Laquelle monotonie a conduit les poètes à affaiblir la césure au profit des coupes.
Ex : - La boue aux pieds
/ la honte au front
/ la haine au cœur. (Hugo) = 4+4+4
- Je courus !
/ Et les Péninsules démarrées (Rimbaud) = 3+9
J – Vers blancs. Vers qui ne riment pas entre eux :
K- Vers faux ou boîteux. Vers où le poète " viole " telle ou telle règle de versification
L– Le vers libre - On distingue deux périodes :
a – En poésie classique antérieure au symbolisme , les vers étaient réguliers , c-à-d conformes aux règles de la versification traditionnelle .On parle alors de "vers libre classique" tel que le pratiquait , par exemple, La Fontaine dans ses fables. Le vers reste régulier ; mais la longueur est variable , ainsi que la disposition des rimes.
b - depuis les symbolistes , c'est le système du vers irrégulier ( non rimé, organisé selon les rapports des sonorités et l'expressivité) qui devient dominant. Son unité n'est plus rythmique mais graphique.C'est le " vers libre moderne ".
Références : - Petit traité de versification
- poète.rebelle.free.fr/poétique
- Ecyclo. Encarta
-Trésor de la Langue Française.
- Petit Robert
- Poésie française / poésie.webnet.fr
-manuels divers...