La lumière du soleil me brule la peau, les yeux.
Mes paupières se ferment malgré elles.
Mes pieds alourdis deviennent de plomb.
Une seule question claironne dans tout mon être : Pourquoi me suis-je enfuie ?
Certes, après quelques secondes d'étonnement, son humour déplacé m'avait profondément blessée, mais j'aurais dû savoir, encore une fois, en rire, en sourire, m'esclaffer faussement, et non comme une enfant hurler de colère et sortir en claquant la porte.
Et maintenant, je marche... je marche... Je marche dans le contraste d'hombres lunaires, sablonneuses, sensuelles, semblables à des mamelons ronds et chauds de nourrice.
Fuir, pour une seule déclamation maladroite!
Je prend conscience de ma sottise et fais arrêt sur image : photo ratée... image d'épinal... un nul.
Ma bouche entrouverte se fait sèche, mes traits gonflés me tiraillent.
Dans cette immensité, faite de noir et blanc, je suis perdue !
Ou suis-je sente inconnue de mon âme, désert aride de mes sentiments ?
Vers quelle petite mort m'attires-tu ? Quels sont les pinceaux mystérieux qui dessinent ce décor enfui dans l'antre secrète de l'inconscience de l'enfance.
- Le repos... Je veux le repos... Le repos du corps... La Paix !
Que cette marche redonne du sens à ma vie, m'ensoleille de tous ses secrets.
Apprendre à pleurer, à rire à sourire sans dissimulation sans enfermement.
Apprendre à me débarasser sans rougir de cette maudite pudique honte qui m'éloigne de tout et de tous...
Pauvre fille, voilà que tu soliloques !
Soudain, dans un bruit de tonnerre, la douleur me monte aux cuisses, je me surprens à geindre semblable à une bête blessée.
J'ouvre les yeux. L'éclat du soleil s'enfuit.
Galion, gros matou de 5 ans, après avoir allègrement planté ses grilles
dans ma chair rose , se blottit contre moi, chassant de son territoire, le bouquin qui m'était tombé des mains "Le soleil de tous les déserts"....
Ai-je vraiment rêvé ?
Pourtant tu es là, toi l'homme de ma vie, l'oeil à l'affût de mon éveil, les lèvresl prêtes pour une nouvelle raillerie ou quelques mauvaise blague de ton humour cassant....
Alors, dans un cri de survie, une phrase existentielle éclate :
"NON ! Encore une seule blague... Et je t'étrangle !!! "
Vexé, telle une huitre tu te refermes sur un partiel et grandiose silence.....
Ah ! Je me sens mieux !!!...
Anouk