Rencontre au Luxembourg
Je longeais le boulevard Raspail,
Lorsque je vis les hautes grilles,
Des palmiers en pagaille,
Des oiseaux lançant des trilles.
Encore une journée passée
Assis dans ce lieu prodigieux
Où sénateurs sont entassés
Suis fatigué, j'ai mal aux yeux
Je pris l’allée bordée de fleurs
Et avisai une bonne chaise,
En profitant de la chaleur
Du soleil me comblant d’aise
Je sortis dans ce grand jardin
Où je vais souvent flemmarder,
Tête ailleurs, j'évitais un gadin
Mais ne pus mon chapeau garder
A l’instant même, je te reconnus,
Je fis un geste pour t’appeler,
Tu marchais vers moi tête nue,
Tu t’arrêtas, en t'écriant "mon aimée"
Ramassant mon galure à terre
Je vins m'assoir à ton côté
Me revinrent ces instants d'hier
L'ascenseur, nos corps emportés
Mon tendre regard rivé au tien
Je restai muette d'émotion,
Nos mains nouées en un lien,
Tu m'embrassas avec dévotion.
Mes yeux se reflétaient, miroir
Dans tes iris qui scintillaient
Frôlement de nos doigts, espoir
De nos lèvres qui se retrouvaient
Nous admirâmes les plantations,
Sous un palmier, je m'abritai,
Quelques gouttes de pluie, sensation,
Tu courus jusqu'à moi et m'enlaçai.
Le ciel commença à se couvrir
Et te fit quitter ma chaleur
Vers toi, je me mis à courir
Vers cet abri, ton coup de cœur
Un murmure dans mon oreille
Me fit rougir et bredouiller
Un assentiment, une merveille,
Je pris ton bras pour me rassurer.
Ma tête nichée dans ton cou
Mes bras enserrant ta poitrine
Envie de te dire des mot fous
De caresses sous capeline
Tu m'inventas un doux royaume
Où seul tu régnais sans tes sujets,
Je fus charmée par tes idiomes
Et roucoulai le long du trajet.
Marchant, ta tête sur mon épaule
De mes récits je te charmais
J'avais sur toi le monopole
De tes sourires désormais
Dans ton entrée, tu me portas,
Dans tes bras, j'en franchis le seuil,
A cet instant,mon cœur palpita,
Je t'observai du coin de l'œil.
Telle la mariée, jour de ses noces
Je choisis de prendre ton corps
Frêle dans mes bras de colosse
Sans te demander ton accord
Quel ne fut pas mon doux émoi
Lorsque je constatai ta membrure
Dont le gabarit me mit en effroi
Faisant craindre ma déchirure.
L'esprit déjà en aventure
Mon corps réagit violemment
Et fit de mon vit, membre dur
Une arme pour nos jeux d'amants
Devant ta particularité,
Je pris mes jambes à mon cou,
Me rhabillai dans l'obscurité,
Tandis que tu jouais du bignou.
Ebahi je fus tout surpris
De te voir sauter sur le sol
De défroisser ta robe et puis
De partir en me laissant seul
Sans doute étais-tu habitué
A faire fuir nombre de conquêtes,
Je descendis en courant l'escalier,
Cette image gravée dans ma tête.
Je t'ai crié de remonter
Car ce que tu avais sentis
Etait lampe torche oubliée
Dans la poche de mon habit
Mesange et Philco78
Duo Numéro 2