C’est l’heure…Mais non! Pas encore!
La terre est si loin sous nos pieds
Mais tes arguments me dévorent
D’un dur mot: la réalité…
C’est l’heure, alors, faut qu’on se quitte?
Mal vus nous sommes, soyons forts!
Mais cette douleur qui palpite
Nous entrelace dans l’effort.
Quatre petites vérités
A révéler de cœur à cœur,
A boire à petites gorgées
Ce grand calice de malheur.
A qui de nous deux de partir?
Si tu as quelques allumettes,
Une à casser pour en finir,
Ou bien balancer la piécette?
C’est amer… mais ça va passer,
C’est juste la fin d’un beau jeu,
Quelques séquelles à choyer
En guise de cadeau d’adieu.
J’ai gribouillé mon cœur à vif
Dans un torchon d’adolescent,
Traînées de rêves que je sniffe
Puis recrache en m’y étranglant.
Allez, un dernier pour la route,
Une belle image à graver
Dans nos mémoires par le doute
Qui nous fera remémorer:
J’écouterai à ton oreille,
Bercé dans tes bras, ma blessure,
Le roulis sans fin de la mer
De ce mirage sur-mesure…
Puis, moment de lucidité,
Même si c’est à contre-coeur,
J’irai voir ailleurs si tu y es
-Oui, j’ai bien compris, mon erreur-
Bien planqué dans le contre-jour
J’achèverai d’un lourd sanglot
Tous ces « peut-être », mon amour,
Agonisant dans leur berceau
Mon baluchon de souvenirs
Sur l’épaule, un peu malheureux,
Mais écoutant sans plus faiblir
Le bruit du vent entre nous deux.